Les nouvelles sont “faciles”, en cela que je peux rapidement en commencer et en finir une. 3000-4000 mots en une journée, ce n’est pas excessif en soi lorsque j’ai une idée avec un bon début et une bonne chute. Toutefois, ce n’est pas possible pour un roman — écrire 100 000 mots en une journée, ce n’est pas humain! — et ainsi donc, lorsque je perds ma cadence, il m’est difficile de reprendre là où j’avais laissée l’histoire. D’où mon besoin d’avoir un synopsis ou, plus précisément, un plan contenant les grandes lignes, les événements-clés du roman. Qu’est-ce qui cause tel événement, quel autre événement déclenche celui présenté dans le chapitre 3, et ainsi de suite.
Pour le moment, participant à NaNoWriMo, j’ai utilisé la méthode du “demi-plan” — 4-5 “points-clés” par chapitre, rien de plus — et je dois avouer que cela marche bien, et même très bien. Si tout va dans la bonne direction actuellement en ce qui concerne mon roman (au moment où j’écris ces lignes, j’ai dépassé le stade des 15 000 mots), ce n’est pas seulement parce qu’il y a eu un week-end et un jour férié au milieu, c’est aussi parce que je savais exactement où j’allais.
Ce qui me pousse à conclure qu’il semblerait bien que cela soit une bonne méthode pour moi. Mieux vaut que je balance par la fenpetre l’argument du “mais je suis une artiiiste /couine couine/ si j’utilise un plan cela va tuer ma créativitééééé /couine plus fort/ et alors je ne pourrai pas écriiire”. Au risque d’avoir l’air d’une machine plutôt que d’un être humain (m’en fiche, j’ai déjà raté le test de Turing de toutes façons), que l’artiste snobinarde en moi aille donc se donner un coup de pied aux fesses. Et planifions gaiement. C’est vrai, quoi, c’est quand même une bonne excuse pour ne pas écrire quand on le devrait: “ma Muse se sent bloquée par les plans”. Cela ne marche pas pour moi, et je le vois bien. J’ai besoin d’un plan à suivre. Je prends tellement plus de plaisir à écrire, en fait, lorsque je sais précisément où je vais, lorsque je n’ai pas à composer avec le sentiment paniqué de ne pas avoir encore choisi de fin à mon histoire, ou de ne pas savoir comment débloquer le prochain point-clé. Et, pour être honnêtre, trouver les réponses à ce genre de problème peut me prendre plus que seulement quelques jours.
Bien sûr, je ne veux pas que tout soit écrit dans la pierre avec tables de la Loi intégrées et moi qui marche sur une étroite corniche sans avoir le droit de m’en écarter. Néanmoins, je dois admettre, à moi-même en premier lieu, qu’avoir un semi-plan, cela semble bel et bien être la voie à suivre pour moi. Je ne crois pas avoir jamais écrit de façon aussi efficace que ces cinq derniers jours, et je sais que ce n’est pas uniquement parce que j’ai une date butoir à respecter.
Et si jamais l’histoire change en cours de route parce que j’ai eu de meilleurs idées… eh bien, soit, le plan changera aussi!
(Je sais, cela peut sembler très évident. J’avais juste besoin de me le dire à haute voix, et de le coucher noir sur blanc.)
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